Le Parking de l'Hyper

Un grand coup de pompes dans les portières de la médiocrité automobile contemporaine.

Ssangyoung Musso : Dragon cocu

Y’a des caisses comme ça, tu sais pas trop ce qui s’est passé dans la tête des keums. La Ssangyoung Musso correspond exactement à ce type de flagrant délit de sale gueule, et il fallait absolument qu’on se penche sur son sujet.

L’entreprise Ssangyoung a été créée en 1954 mais la division motors date seulement de 1988. Même pas dix ans plus tard, ils avaient fait tellement n’importe quoi que Daewoo a dû les sauver de la banqueroute, ce qui nous donna le plus beau conglomérat de vendeurs de foutre de la péninsule coréenne. Puis Daewoo à son tour fait de la merde, la boite fait faillite, et c’est GM, -encore un constructeur qui verse dans la canalisation, qui finit par reprendre toute cette brochette d’entreprises de mes couilles, pour finalement faire faillite à son tour, ce qui fut, quand même, bien mérité.

Car il ne faut pas chercher plus loin les raisons d’une telle catastrophe, la Ssangyoung Musso est derrière tout ça. Dans les milieux autorisés, on l’appelle la faiseuse de plan sociaux, ou encore la veuve noire. La légende raconte que cette voiture contiendrait l’âme du véritable créateur de la marque Ssangyoung, qui se serait suicidé en voyant la première Musso. Véritable fléau asiatique, avec son design aussi difficile à avaler qu’un braquos d’occidental pour une gagneuse du quartier rouge de Pusan, le Musso n’est que le précurseur d’une gamme qui finira par être entièrement dégueulasse. Rodius, Korando, Actyon, Rexton, Kyron, autant de patronymes qui vous glacent le sang. Une gamme qui mériterait un site internet dédié, et une armée de rédacteurs payés aux 3/8 pour insulter comme il se doit ces véritables brouettes motorisées faiseuses de cocus.

La Musso retient particulièrement notre attention, à la rédaction, pour son patronyme typé « luxe français » rappelant cet écrivain français de haute voltige, futur prix Nobel du roman de gare, prince de la virgule, véritable king de la formule de politesse, j’ai nommé Guillaume Musso, ce gendre idéal toujours prêt à rendre service, toujours prêt à mettre un coup de dard dans les fleurs fanés des besogneux. La Ssangyoung Musso et Guillaume Musso sont des bolides qui filent vers le succès, en tous temps, tous terrains, des best-sellers dépassant les frontières, chacun dans leur domaine, et le Ssangyoung Musso est au parking de l’hypermarché ce que Guillaume Musso est à la bibliothèque : un moyen de s’élever et de soulever.

Guillaume Musso est né le 6 juin 1974, soit exactement 30 ans après le Débarquement Américain en Normandie. Il a lui-même fait beaucoup pour l’invasion d’un style particulier venant des Etats-Unis, celui du roman de salle d’attente de gare routière du Kansas remplie de white trash et de chicanos ne sachant pas lire le yankee (on les félicite d’ailleurs). Sa carrière a débuté là où celle de son alter ego Albert Camus s’est arrêtée : lors d’un accident de voiture. Chez Le Parking de l’Hyper, on ne souhaite jamais la mort de personne, car les morts son emmerdants : on a d’autre choses à faire que de taper dans la Oldsmobile ou la Talbot, qu’elles reposent en paix, derrière la grange. Mais la vie est ainsi faite qu’après leur accident, Camus est mort quand Musso est devenu écrivain à succès en sortant un premier opus sur le thème de la mort imminente. Chez Ssangyoung, la mort imminente, ils connaissent ça depuis les débuts de la marque, et sans interruption. Ce sont des cascadeurs du design automobile. Ils sortent des voitures à chaque fois plus pouraves, à chaque fois plus en décalage par rapport aux standards et codes de bonne conduite, et s’amusent à voir la gueule des investisseurs à la commission de fin d’année. Dans la liste des choses qu’il ne faut pas faire, Ssangyoung a quasiment fait un sans-faute en implémentant toutes dans leur gamme de bétaillères à manouches.

Née en 1993, la Musso n’est paradoxalement pas la plus horrible de la gamme historique, elle est simplement moche. Rien que le nom de la marque, qui suggère la haine (SS), la mort (Sang) et la jeunesse (young), renvoie aux heures les plus sombres de l’histoire de l’Europe. Ainsi on tient là un triptyque méga chelou : invasion américaine, invasion allemande, invasion de bagnoles coréennes.

Vérification faite, la Musso ne doit pas son nom à l’écrivain, mais tout simplement Ssangyoung – Musso veut dire Double Dragon – Rhinocéros en Coréen, un truc qui cadre bien avec la tradition asiatique de se frotter leur bite d’enfant avec de la poudre d’animaux en voie d’extinction pour essayer d’avoir la trique. Moi qui croyais que ça voulait dire braquemart-des-rizières-planant-dans-l’encadrement-d’une-porte-au-ralenti-telle-une-colombe-blanche-fuyant-le-souffle-de-l’explosion-de-napalm, putain j’ai été déçu. Quoiqu’il en soit pour nous, cons d’européens, « SS-sang-young Musso » évoque plutôt un cadavre de mioche des jeunesses hitlériennes venant de se faire rouler sur la tête par un char T-34 conduit par des macs de l’Oural.

SsangYong_Musso_arrière2

Le Musso eut une carrière de 11 ans, un peu comme la SS, et ses états de service sont à eux seuls un guide de pédophilie exotique pour aventuriers allemands et dictateurs à moustache : construit en Corée, Vietnam, Iran, Russie et Indonésie… A l’évocation de ces pays, l’anus de l’occidental se rétracte d’un coup, hanté par le souvenir de toutes ces guerres perdues ou si mal gagnées.

L’année de la consécration de l’écrivain, la Musso tirait sa révérence. Fut-ce un choix délibéré de l’une ou l’autre des parties de ne point de faire d’ombre ? Lequel des deux n’a pas voulu avoir quoique ce soit en commun avec l’autre ? C’est regrétable, imaginez ce qu’aurait donné une pub pour la voiture en compagnie de l’artiste ? Comme la pub de la Citroën BX avec Julien Clerc, mais dans un registre encore plus Ouate de Phoque.

Flash-back. Nous sommes en 1996, et toi Patrick, t’as commandé ta chiotte de Ssangyoung Musso LSD pour 195 000 balles, et vu la demande, l’attente n’a pas été longue. Oh putain que non! Si seulement tu avais attendu un peu, au lieu de te précipiter sur cette bagnoles moche comme DSK sur une femme de chambre. Énorme erreur! Voilà tout ce que tu aurais pu acheter avec tes 20 plaques :

– un Ford Maverick tout droit sorti de Jurassic Park…

– un break BMW 525tds d’occasion d’un an…

– un Mitsubishi Pajero long de base, qui roulerait encore aujourd’hui…

– un Nissan Patrol court toutes options pour 199 000 frs…

– un Nissan Terrano II pour 171 000 balles qui te laisserait 2 plaques pour aller aux putes…

– un Toyota Runner long diesel, la caisse de mac la plus indestructible du monde. En 2016, t’aurais même pas fini le rodage… Tout le contraire de ta femme.

– deux Lada Niva Diesel neufs, dont un pour pièces…

– un divorce – mais t’inquiètes pas Patoche, on va y arriver…

– 3 mini British-Open qu’aujourd’hui tu revendrait dans les 10000 euros pièces + une Peugeot 305 d’occase pour rouler dans la boue comme tu aimes

– un Land Rover Discovery, putain !

– acheter une R18 Turbo d’occase pour 15000 balles et foutre les 18 plaques restantes sur un livret à la banque, dont le montant serait aujourd’hui de 70000 euros. Ça a quand même autrement plus de gueule que ton Musso de daube que t’as envoyé à la casse l’an dernier !

Ssangyoung Musso

Ce mec là a compris qu’un 4×4 Musso Sport n’était pas une voiture.

Et la liste pourrait continuer comme ça pendant des plombes, car l’étendue de ta connerie est longue comme un train de marchandises russkof qui file le long du Baïkal. Bon an mal an, un millier de connards feront la même erreur que toi en France, trop contents d’aller titiller du foutre de Rhinocéros. Alors je sais ce que tu vas me dire… Y’à un moulin de Merco sous le capot (le OM602) mais quand on voit sur quel genre de bahut il était monté, du camion T1 de gitan au Merco Sprinter Minibus de pays en voie de développement, ça fait vraiment oublier l’argument choc que t’as du servir à ta femme… « C’est presque une Mercedes », tu lui as dit, et elle y a cru cette morue, on peut pas lui en vouloir. Dans les sociétés où les mecs ont véritablement des burnes, ce genre de trucs n’arrive pas. Ta femme se voyait déjà rouler en Mercedes, mais toi avec tes deux grelots de troubadour et ta tringle de direction de Rover 100, tu es allé chercher la merde, et t’as bien ramassé tes dents après ça. Elle s’est finalement barrée avec Jean-Mi, son ancien patron, au même moment où ta Mercedes au rabais a commencé à déconner sec et visiter le garage comme tu visites les putes à présent. C’est des choses qui arrivent quand on merde sur toute la ligne, tu le savais, et quelque part tu l’as bien mérité. Et si nous sommes en vie, nous les humains, c’est pour expérimenter de nouvelles sensations, grandir notre âme, et bien on peut dire que t’as bien expérimenté mon salaud. Allez, salut !

Michel Védouze

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