Le Parking de l'Hyper

Un grand coup de pompes dans les portières de la médiocrité automobile contemporaine.

La Famille Mégane : 50 nuances de gris

L’autre jour, je me baladais dans la rue, la grisaille avait enfin laissé place au soleil, mon humeur s’était presque stabilisée, et soudainement mon sang n’a fait qu’un tour : j’ai vu une Mégane avec un gilet jaune réfléchissant sur le siège passager, une boule d’attelage couverte par une balle de tennis, un autocollant du Real-Madrid sur la vitre de custode, et des enjoliveurs achetés dans un hypermarché ! Oh putain! Mes poings se sont serrés presque jusqu’au sang : j’avais rechuté en un instant dans l’ultra-haine !

Haine du banal, du relâchement, et du manque de vision. J’ai du attendre la nuit dans un buisson en tremblant histoire de voir si le proprio se pointerait pour avoir une explication avec lui, entre hommes, mais il s’est pas ramené, alors j’ai essayé de forcer sa bagnole pour enlever le gilet et le mettre dans le coffre avant de me faire tricard par une vioc qui promenait son chien, et de me barrer en hurlant dans la nuit. Quel autre modèle que la Renault Mégane pourrait mieux symboliser cette France moyenne, roulant dans des voitures moyennes, et optant pour des couleurs moyennes, principalement des nuances de gris? Point de scènes de cul ridicules dans ces 50 Nuances de Gris françaises, mais parfois des menottes de flics.

Famille-Renault-Megane-Gris

Comme c’est sur les vieux parchemins qu’on écrit les plus belles symphonies, et dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confiotes, Renault reprendra pour sa Mégane une base technique datant de la Renault 9. Cette Mégane première du nom fut le grand coup de mégalomanie de Renault, sa Masterpiece. Oui, ça sonne bizarre, mais le coup de génie de Renault ici fut de dériver six carrosseries différentes sur la même base, dans un style Bio-design qui a très mal vieilli. En plus des habituelles versions, Renault ajoutera ultérieurement un break et mais surtout un concept qui métamorphosera l’Europe : le monospace compact Scénic, un genre de Mégane obèse.

Renault-Scenic-1

Par cette créativité de dernière minute flairant un peu le gros coup de chatte, Renault se retrouve sur la route de son expansion internationale comme un novice du Poker avec une paire d’as dans la main. Le Scénic se vend par pleines pelletées, et comme Renault le vend 10000 balles de plus que la Mégane berline, ils empochent le pactole avec une arrogance totalement Made in France, obligeant la concurrence allemande et japonaise à s’aligner au plus vite. Les ventes du losange passent de 1,7 millions à 2.5 millions par an. Cette grande gamme Mégane sera vendue à 5 millions d’exemplaires en 14 ans, soit encore plus que ses devancières. Renault, riche comme Crésus, finira par acheter tranquillement des parts majoritaires de Nissan, Dacia, Samsung Motors, Avtovaz, afin de monter de la place de 5ème constructeur à 3ème Groupe Mondial. Et tout le monde sait que c’est avec des mensualités de Renault Scénic achetés par des mères de familles de la classe moyenne qu’ils ont financé le boxon. Les générations successives de Mégane s’amélioreront sur le plan technique et abandonneront le style bio-design un peu vomitif de la première du nom pour d’autres styles baroques propres au génie français.

Retrouvez prochainement des articles sur les Renault Mégane Berline, Classic, Coupé, Cabriolet, Break, et bien sûr Scénic.

Michel Védouze

Next Post

Previous Post

Ecrire une insulte

© 2018 Le Parking de l'Hyper

FACEBOOK / TWITTER

Theme by Anders Norén